Pas de panique !




     N'ayant écouté que Lights, décrit par les fans comme le moins bon album d'Archive, alors que j'avais plutôt apprécié, c'est avec une certaine appréhension que j'ai entamé l'écoute de Controlling Crowds, ayant notamment entendu que le rappeur Rosko John y faisait son retour dans le groupe. WTF ? Archive + Rap ? Et pourquoi pas diviser par Zéro ? Oh Shi-

Controlling Crowds

     Chaud ! Le CD plante déjà, j'aurais pas du diviser par- Ah non, tout va bien en fait, c'est juste le claviériste qui s'excite sur la même touche tout en jouant une espèce de mélodie incompréhensible, bizarre. Ah mais en fait c'est plutôt joli. C'est long aussi. Très long. J'ai trouvé ce que je vais mettre le soir pour m'endormir. Ah quand même, la batterie démarre à 1:30. Houlà pas trop vite, une deuxième piste de synthé arrive à 2:00. C'est soporifique mais dans le bon sens du terme (comprenez "planant"). Ouah, changement de riff à 2:40, du calme les gars, on a tout notre temps (la devise du groupe). 3:00 : ah ben tiens, Pollard Berier commence déjà à chanter ? Cool, y'a même une double voix à partir de 3:35 ! Ben c'est bien joli tout ça... 4:05 : Passage encore plus aérien, les paroles correspondent très bien à la musique ("Fly with me/Falling through the night"), qui s'arrête subitement à 4:40, avec plus qu'une guitare acoustique à peine audible et une voix dépressive... Et ça repart, après une sorte de cri de détresse à vous glacer les os et des choeurs atmosphériques. Et globalement, c'est pareil pendant les 5 minutes restantes. Un peu répétitif me direz-vous, mais en même temps c'est un peu ça le Trip-Hop. Mais j'aime bien. L'ambiance et les paroles collent parfaitement au titre de l'album, ont se sent progressivement submergé par la musique. L'atmosphère de l'album est placée.

Bullets

     Retour au calme, avec une voix qui l'est faussement. Les paroles répétées, parfois doublées, voire triplées, les cordes, donnent un aspect mélancolique empreint d'une certaine violence à la chanson. La batterie arrive après un peu plus de 1:30, sans rien enlever de cette ambiance, agrémentée de bruitages expérimentaux. A partir de 3:15, ça monte en intensité pour finalement exploser calmement à 4:35, avec des paroles répétées presque jusqu'à la fin de la chanson, suivies par un quasi-silence et une voix artificielle assez space, qui s'enchaîne étrangement bien avec le début de la chanson suivante.

Words on Signs

     La chanson la plus calme de l'album, une sorte de slow dramatique au piano et aux cordes, très lent et vraiment pas très joyeux : "There's nobody here for me now" répété par une voix desespérée et presque implorante. Un joli break aux choeurs planant au milieu de la chanson, qui reprend avec une batterie très posée, qui s'arrête aussi brusquement qu'elle est arrivée, pour laisser la chanson se terminer comme elle a commencé, et enchaîner sur la suivante.

Dangervisit

     Encore une chanson triste, ils veulent nous suicider ou quoi ? Avec leurs paroles complètement depressives, d'ailleurs on entend "depression" au moins 10 fois dans les 2 premières minutes... Ah tiens, une batterie ! Espérons que ça devienne plus joyeux ! Et bien non, des choeurs presque à la Indochine (période actuelle je parle), vous voyez le genre ? Et ensuite cette incessante succession d'ordres : "Feel/Fear, Trust, Obey", qui peut se rapporter à pas mal de choses. Ca ne cesse de monter, ça commence à devenir inquiétant, violent, puis assourdissant et enfin chaotique. L'arrêt de la musique nous laisse ensuite dans un effrayant calme post-apocalyptique, vide et opressant.

Quiet Time

     L'effrayant silence laisse peu à peu place à une mélodie et à un beat légèrement plus joyeux. Ah, et bien voilà ce fameux rappeur qui fait son éntrée ! Ca fait bizarre effectivement. Mais sa voix, bien que rapide et parlée, n'est pas du tout violente, plutôt posée, et même empreinte d'une certaine mélancolie, peut-être amplifiée par la musique. Les paroles sont très bien trouvées, dans un certain sens assez engagées, les sonorités très intéressantes et en totale harmonie avec le beat, ce qui se rapproche du concept premier (et malheureusement oublié) du rap (Rythm And Poetry). Franchement, je trouve cette chanson paradoxalement très calme et très reposante, la musique d'Archive y étant bien sûr pour quelque chose. Le principal chanteur réapparaît après un break, complétant parfaitement la première partie de Rosko John, et on entend peu à peu la voix de la chanteuse Maria Q, annonçant la deuxième partie de l'album.

Collapse/Collide

     Silence ? Non, en augmentant le volume on peut entendre ces fameuses "Controlling Crowds", tristement bruyantes et violentes, foules contrôlées, puis contrôleuses (titre très bien trouvé d'ailleurs). La voix de la chanteuse se pose comme une plume sur un océan de boue, avec des paroles décrivant parfaitement le divorce absurde entre l'individu et la foule, entre l'acteur et son décor (mon idole se reconnaîtra). Une intro lente, longue, mais qui colle parfaitement aux paroles et au concept de l'album. Le chant prend fin sur le mot "Collide", qui résonne ensuite jusqu'à la fin de la chanson. Celle-ci commence donc à démarrer à partir de 4:00 (j'ai bien dit commence), la musique se faisant plus forte et plus présente, puis renforcée d'une batterie et d'une ligne de claviers supplémentaire, d'explosions synthétiques, pour finalement démarrer réellement à 5:35. Maria répétant des paroles désespérées, retombant sur le "Collide" qui résonne encore, et qui continue même sur la chanson suivante, s'enchaînant parfaitement avec celle-ci.

Clones

     Un riff gentillet commence donc sur la voix de la chanteuse qui résonne toujours, la voix fluette et atmosphérique de Pollard réapparaissant dessus. Puis on a droit à des percussions éléctroniques procurant un petit beat bien sympathique à partir de 1:40. Le chanteur répète "Clones of yourself" comme une sorte de refrain,  lorsqu'un riff de guitare électrique (ah ! quand même !) se fait soudain entendre, en totale symbiose avec la voix. Un break plaisant, et le duo guitare/chant repart, la chanson finissant sur une petite mélodie au synthé suivie par des voix bizarres (encore !).

Bastardised Ink

     OMG ce beat dément sur des accords de synthé apocalyptiques ! Le deuxième titre rappé par Rosko John, dont la voix semble bien plus hargneuse que sur Quiet Time. La première partie du texte est débitée avec un effet "haut-parleur" (déjà entendu par exemple chez Muse), avec toujours autant d'aisance, de fluidité, de rythme et de poésie moderne. La voix devient soudain proche et "normale", et le beat change complètement, tout comme le synthé énorme et complexe qui accompagne ce nouveau rythme. La voix et le texte deviennent plus violents, grandioses, puis dramatiques, agrémentés de la voix lointaine de Maria Q. Un léger break et le flot de paroles repart, toujours aussi puissant et intelligent. Moi qui pensais détester le rap, si seulement tous les rappeurs pouvaient être aussi créatifs et engagés (bon, ils faudraient déjà qu'ils soient alphabétisés...). Personnellement plus j'écoute ce titre et plus je le trouve génial. Un véritable coup de coeur.

Kings of Speed

     Comme d'habitude, ce titre s'enchaîne parfaitement avec le précédent. Un riff lointain mais bien sympa laisse place au synthé et à la batterie, puis à nouveau à la voix de Pollard Berrier, calme et posée. On entend la basse, et c'est cool. Le deuxième couplet est structuré de la même manière que le premier, mais quelle surprise ! La voix grave et calme devient aigüe et faussette, et disons-le, carrément jouissive. Après le break de synthé, on a même à nouveau droit à un peu de guitare éléctrique (bon assez discrète tout de même). En résulte une explosion instrumentale, puis un léger break et un troisième couplet tout aussi orgasmique que le premier. Le titre finit sur divers bruitages de cloches à vous rappeler Time de Pink Floyd.

Whore

     Deuxième titre insultant d'Archive (après Fuck U sur Noise), quelle bande de malpolis ! La voix sensuelle de Maria prend place sur un rythme jazzy, avec un léger effet saturé. Les paroles sont bizarres, je ne vois pas trop le rapport avec le reste de l'album (si quelqu'un a une idée ?). En tout cas la chanson est plutôt sympa, posée et bien rythmée, mais je ne vois franchement pas ce qu'elle vient faire ici, surtout en clotûre de la seconde partie de l'album, même si des choeurs bizarres sur la fin de la piste semblent avoir pour rôle d'annoncer la dernière partie.

Chaos

     Un synthé/piano bien triste ouvre cette ultime partie (composée de trois titres seulement), et la voix de Pollard semble avoir retrouvé sa mélancolie du début de l'album. Des cordes ainsi qu'une seconde ligne de chant apparaissent sur le second couplet, et le tout gagne progressivement en intensité. Des cuivres font même leur entrée sur le troisième couplet, rendant l'atmosphère encore plus dramatique et désespérée. Ce titre porte bien son nom. On croirait assister à une triste et calme fin du monde. Tout semble fini. Mais en fait non.

Razed to the Ground

     Le dernier accord de la chanson précédente résonne, et les atroces cris de la toute première piste se font entendre. Le vent et les cordes font penser à un film d'horreur, et mettent en place une sorte d'ambiance industrielle, lourde et opressante. Puis un beat démarre, semblable à celui de Quiet Time, accompagné d'étranges effets. Puis riff de synthé carrément space, et la voix fluide et efficace de Rosko John se fait entendre. Toujours aussi recherchées, les sonorités s'enchaînent parfaitement et les paroles sont énormes. Tandis qu'on retrouve le beat effet "armes à feu", d'autres effets encore plus expérimentaux se font entendre de temps à autre dans le fond, et le premier couplet se clôt sur des notes de piano complètement dissonnantes, laissant place à un passage instrumental d'helicoptères et d'ordinateurs sens dessus dessous. Le second couplet est tout aussi rythmé et classe, avec un petit riff de synthé au milieu. Puis la voix laisse place aux instruments et aux bruitages jusu'à la fin de la "chanson". Le titre le plus expérimental de l'album, et une vraie réussite. Carrémént dément.

Funeral

     L'album se clôt sur un titre post-apocalyptique, qui évoque bel et bien la fin. On peut retrouver quelques notes de Clones dans l'intro. La musique est moins triste que sur d'autres morceaux, mais les paroles semblent parler de suicide : "You could end everything right here", la seule solution pour ne pas subir le contrôle des foules et de ceux qui les contrôlent. Le morceau est cependant plutôt optimiste, décrivant la prise de conscience de l'individu sur l'absurdité de sa vie. La musique est calme est très posée, tandis que la voix se fait suppliante sur le deuxième couplet. A partir de 5:00, la musique commence à gagner en volume et en puissance dans un ultime souffle, puis redescend rapidement jusqu'à disparaître totalement, laissant la place à quelques bruitages industriels, puis enfin au véritable silence.


     Perso, j'ai adoré cet album. Certains pourraient le trouver longuet et lent à démarrer (notamment sur des titres commes Controlling Crowds, Dangervisit ou Collapse/Collide), mais c'est justement ce qui permet à l'auditeur de plonger progressivement et naturellement dans l'atmosphère de la musique et du thème de l'album.  J'avais eu peur en apprennant qu'il y aurait du rap, mais finalement Rosko John est un génie de la langue et du rythme, et les morceaux sur lesquels il intervient font partie des meilleurs de l'album (Razed to the Ground est à écouter absolument). Mention spéciale aux artworks qui sont absolument magnifiques et psychédéliques.

     Et puis tout le monde s'en fiche, mais j'ai fait un rêve lucide qui correspondait parfaitement au thème et aux paroles de l'album et c'était épique. Enorme. Indescriptible. De toute façon personne ne peut comprendre les rêves d'autrui, c'est trop intime. Et puis après je me suis réveillé donc voilà.
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Graphismes : 1
Stats : 5
Epicness : 21
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No rage.
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Qui a dit que c'était un objet impossible ?
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      En ce moment, on no-life avec mes frères sur Sonic Heroes, sur notre bonne vieille Gamecube pour obtenir tous les "A" et débolquer le mode Super Difficile (de la mort qui tue). Les musiques de ce jeu sont vraiment sympa, et j'ai eu un coup de coeur pour celle du Stage 09 : Frog Forest. Si quelqu'un pouvait par contre m'aider pour la baterrie, je suis preneur, je n'y connais rien en percussions...

Tab Guitar Pro
Tab ASCII (txt)
Fichier MIDI

Oui, Rapidshare spotted, donc n'hésitez pas à me contacter si l'un des liens est mort.
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 Sets Impulse : il s'agit de mini-sets comprenant un petit personnage ainsi que quelques accessoires. Dans la boîte, toutes les pièces sont dans un seul et même sachet, ce qui permet un petit challenge : celui de construire le set sans ouvrir le sachet, en déplaçant les pièces à l'intérieur de celui-ci. Alors OK, c'est inutile, mais c'est marrant et une fois fini, c'est vraiment la classe. (NB : Vérifier quand même qu'on respecte la notice avant de faire une bêtise que l'on met un quart d'heure à réparer...)
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